Ceutorhynchus picitarsis Gyllenhal 1837
Charançon du bourgeon terminal,
charançon noir d'hiver



- class : Animalia, Arthropoda, Insecta, Coleoptera, Curculionidae
- syn. : Ceutorhynchus poncyi Stierlin, Ceutorhynchus scutellaris Brullé, Ceutorhynchus tarsalis Boheman, Ceuthorrhynchus tarsalis Boheman
- dénominations européennes : rape winter stem weevil (GB), Schwarzen Triebrüsslers (D) 

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 Caractéristiques du ravageur et de ses dégâts


Description du ravageur :

L'adulte mesure entre 2,2 et 3,5 mm de long. On note cependant un dimorphisme sexuel, les mâles étant plus petits. Les tarses sont roux. Le funicule antennaire est formé de 7 articles. Le corps est noir brillant et pubescent. Les élytres sont recouverts de soies rousses et un amas de squamules jaunâtres est visible à la base du sillon élytral. Comme les autres espèces du genre CeutorhynchusC. picitarsis possède des paquets de squamules jaunâtres dans l'angle thoraco-élytral, bien visibles du dessus (figures 1 et 2). 

La larve de dernier stade mesure entre 4,5 et 6,5 mm de long. Elle est apode, blanche, avec une capsule céphalique noire au début de son développement qui devient jaunâtre en fin de maturité (figures 2 et 4).

Les dégâts sur les cultures :

Les larves minent les pétioles des feuilles et peuvent migrer jusqu'au bourgeon terminal. En cas de fortes attaques avant montaison, si le bourgeon terminal est détruit, les bourgeons axillaires se développent et la plante adopte un port buissonnant. La montaison et la floraison sont irrégulières et le rendement peut-être alors fortement affecté. Dans le pire des cas, ces attaques entrainent la mort du plant.

Au cours de l'année 2015, des populations de C. picitarsis résistantes aux insecticides ont été détectées dans certaines régions de France. Cette résistance aux pyréthrinoïdes serait due à des mutations génétiques ou au développement de mécanismes de détoxification.


 Biologie du ravageur


Les plantes hôtes :

Le charançon du bourgeon terminal est un ravageur du colza (Brassica napus) pour lequel la nuisibilité peut être importante. Cet insecte est un ravageur d'autres plantes cultivées comme le pastel des teinturiers (Isatis tinctoria) ou bien le radis (Raphanus sativus). Il peut être aussi hébergé par des adventices comme la roquette jaune (Diplotaxis tenuifolia), le rapistre rugueux (Rapistrum rugosum) ou la barbarée commune (Barbarea vulgaris), toutes ces espèces appartenant à la famille des Brassicaceae.

Cycle de développement :

Il y a une seule génération par an.

A l'automne après la diapause estivale, les adultes, très discrets, s'envolent et se dirigent vers d'autres parcelles de colza. Ils pondent dans les pétioles entre septembre et mars. Les larves se développent dans les pétioles puis peuvent migrer jusqu'au bourgeon terminal de la plante pendant l'hiver.

La larve se laisse tomber au sol au printemps (mars-avril) et se nymphose. L'adulte émerge au printemps (mai) : il se nourrit sur les fleurs et les siliques puis entre en diapause jusqu'à l'automne.

Ennemis naturels :

Ceutorhynchus picitarsis est surtout parasité par des hyménoptères braconides : Triaspis caudata (Brachistinae), Diospilus capito et D. oleraceus (Helconinae). Ces derniers sont des endoparasitoïdes larvaires. Un autre membre de la famille, Microctonus melanopus (Euphorinae), est un parasite d'adultes généraliste et s'attaque aussi bien à C. picitarsis qu'à C. pallidactylus.

Enfin, l'hyménoptère ichneumonide Tersilochus stenocari a été confirmé en 2016 comme endoparasitoïde larvaire spécifique de cet hôte. 

Dernière modification : 16/02/2026
  • Auteurs :
  • E Pierre (INRA)
  • M Ollivier (Montpellier SupAgro, Projet ColeoTool)
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Figure 4
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Figure 5
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