Kakothrips robustus (Uzel 1895)
Thrips du pois




- class. : Animalia, Arthropoda, Insecta, Thysanoptera, Thripidae
- syn. : Frankliniella robusta
- dénominations européennes : pea thrips (GB), Erbsenblasenfuß (D), trips del guisante (E), tripide delle leguminose (I), tripes da ervilha (P).


Caractéristiques du ravageur et de ses dégâts


Description du ravageur :

L'adulte est marron foncé à noir, de 1,2 à 2 mm de longueur. Les antennes ont 8 articles. Il possède deux paires d'ailes fortement frangées, très étroites, avec une nervure circulaire sur le bord et 2 nervures longitudinales.

La femelle possède un oviscapte ; le mâle porte, de chaque côté de l'abdomen, un appendice fortement recourbé vers l'arrière qui se termine en une pointe émoussée. A l'extrémité des pattes, ces thrips possèdent des ampoules adhésives à la place des griffes habituelles.

La larve mesure 1,5 mm de long (2e stade) ; elle est de couleur jaunâtre à orange, avec les 2 derniers segments abdominaux bruns. Elle est très mobile.

Dégâts sur les cultures :

En vidant peu à peu les cellules, les larves affaiblissent les pousses ; les inflorescences se ratatinent ou restent stériles. Lors d'attaques tardives sur les gousses, des traces de piqûres se manifestent (figure 1), qui brillent de façon caractéristique.

Les gousses restent petites, stériles et peuvent se dessécher et tomber. Ces zones piquées, complètement épuisées, se transforment en taches subéreuses. Les ensemencements tardifs et les variétés de pois tardives sont particulièrement menacés.

La présence de 250 oeufs pour 10 inflorescences provoque une diminution de la récolte allant jusqu'à 60%. La pullulation est favorisée par un temps chaud et sec au début de l'été, surtout là où le sol est léger.

D'importantes précipitations déciment les populations. Pour le pois, le thrips est plus nuisible sur les cultures potagères que sur les cultures de plein champ.

La culture hâtive et le choix de variétés précoces est importante. Puisque le thrips hiverne dans le sol, une rotation rationnelle est favorable. Le seuil de lutte pour les pois est de 20 larves ou oeufs pour 10 fleurs, pour la féverole, de 2 individus par fleur.

Dans toute l'Europe, des îles britanniques à l'Oural, partout où les pois sont cultivés, en Allemagne, essentiellement au nord, en Autriche, les féveroles subissent de lourdes pertes de récolte quand les populations du thrips du pois sont importantes au début de la floraison.


Biologie du ravageur


Plantes-hôtes :

Les plantes-hôtes sont le pois, le féverole,  la fève,  le haricot, les légumineuses cultivées (dont la luzerne) et sauvages, qui servent de plantes nourricières à l'imago et aussi divers autres végétaux comme la moutarde des champs (Sinapis arvensis), le coquelicot (Papaver rhoeas) et la vipérine (Echium plantagineum).

Cycle de développement :

Il n'y a qu'une génération par an.  Adulte, l'envol de l'insecte commence en mai. Mais la période de vol principal se situe en juin. Les adultes volent vers les champs, surtout par temps orageux et lourd, où ils sont attirés par les inflorescences des pois.
 
En juin et juillet, les femelles pondent leurs oeufs isolément dans le tissu des filets des étamines mais aussi dans les jeunes feuilles, quand il n'y a pas d'inflorescence. La fécondité moyenne d'une femelle est de 40 oeufs.

Les oeufs éclosent 5 à 10 jours plus tard. Le développement embryonnaire dure 5 à 10 jours. La larves commencent à s'alimenter dès l'éclosion de l'oeuf.
 
L'alimentation est constituée de sucs puisés, avec leurs stylets buccaux, dans les tissus végétaux superficiels des gousses, des feuilles et des pousses, ainsi que de nectar. Au bout de 2 à 3 semaines, les larves atteignent le 2e stade.
 
Complètement développées, elles hiberneront dans le sol, à une profondeur de 20 à 35 cm. La nymphe se forme au printemps suivant sans que la larve ait repris son alimentation. Ensuite, les imagos apparaissent au plus tôt à partir de la mi-mai et surtout en juin.

 

Dernière modification : 02/03/2026
Kakothrips_robustus_1
Figure 1