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Gros pivot non parasitaire
et Sphingomonas suberifaciens

(Racines liégeuses)

 

La présence de racines liégeuses plus ou moins hypertrophiées sur laitue a longtemps été attribuée à une maladie non parasitaire. En fait, la situation est plus complexe et la cause de ces symptômes peut varier en fonction des contextes culturaux.

Certains auteurs ont suggéré les effets de phytotoxines émises dans le sol au cours de la décomposition de déchets végétaux verts en conditions très humides. Cette situation est peu rapportée.

De tels symptômes sont plus fréquemment associés à des fumures azotées trop excessives qui entraînent la libération en excès d'azote ammoniacal et de nitrites dans le sol. On constate également une pourriture des racines latérales et une coloration rouge à brune de leur stèle. On a affaire, dans ce cas, à la maladie du "Gros pivot" non parasitaire, laquelle se manifeste beaucoup moins dès lors que l'on emploie des fumures azotées raisonnables et de l'azote sous la forme de sulfate ou de nitrate d'ammonium, d'urée ou de nitrate de calcium (voir Toxicité ammoniacale).

Plus récemment, une bactérie extrêmement difficile à isoler, Sphingomonas suberifaciens, a été associée à ce type de symptômes dans des parcelles où les cultures de laitues se succédaient fréquemment. Cette bactérie est capable de provoquer dans un premier temps des lésions jaunes sur la racine pivotante et sur les grosses racines latérales. Ces lésions prennent une teinte brunâtre et ne tardent pas à ceinturer ces racines qui enflent parfois. Par la suite, on distingue une subérisation superficielle importante des tissus qui se fendillent longitudinalement (figures 1 à 3). Le pivot peut être particulièrement touché, s'hypertrophiant de temps à autre démesurément (figure 4). On parle dans ce cas de "Gros pivot" parasitaire, encore dénommé "Corky root" par les Anglo-Saxons. Vous pouvez consulter le lien "Gros pivot" parasitaire et la fiche Sphingomonas suberifaciens pour avoir des informations complémentaires sur ce parasite.

Il est bien évident que dans certaines parcelles, on pourra avoir affaire à l'action conjuguée de Sphingomonas suberifaciens et de fumures azotées excessives. De plus, nous ne différencierons pas systématiquement les gros pivots parasitaire et non parasitaire car leurs symptômes ainsi que les méthodes de lutte à mettre en oeuvre pour les contrôler sont assez comparables.

Les racines présentent des lésions jaunâtres brunissant rapidement. On y note par endroits, comme sur le pivot, une subérisation superficielle et des fendillements longitudinaux. Elles ont aussi tendance à enfler. Leur surface devient ainsi rugueuse et craquelée ; on distingue des sillons, des crêtes, des arêtes liégeuses sur le système racinaire.

Le pivot est souvent très affecté ; il est fortement subérisé et hypertrophié et devient cassant.

N.B : Nous vous conseillons de consulter les dégâts provoqués par Thielaviopsis basicola sur racines de salade. Ces derniers ne sont pas sans rappeler ceux occasionnés par les maladies responsables des "gros pivots" parasitaires ou non.

Dernière modification : 26/06/2013
  • Auteur :
  • D Blancard (INRAe)
Rhizomonas405
Figure 1
Rhizomonas406
Figure 2
Rhizomonas407
Figure 3
Rhizomonas408
Figure 4