Agrilus anxius
Agrile américain du bouleau
| Fréquence | |||
| Agressivité | |||
| Impact |
Position systématique : Insecte - Coléoptère - Buprestidé
Hôtes habituels : bouleaux
Localisation sur l'hôte : branches, troncs
L’agrile du bouleau est une espèce nord-américaine actuellement absente d’Europe. Dans son aire d’origine, elle n’affecte que le genre Betula spp.
C'est un organisme de quarantaine prioritaire dans l'Union Européenne.
- Biologie
| Jan | Fev | Mar | Avr | Mai | Juin | Juil | Aoû | Sep | Oct | Nov | Dec | |||||||||||||
| Nymphe | ||||||||||||||||||||||||
| Adultes | ||||||||||||||||||||||||
| Oeufs | ||||||||||||||||||||||||
| Larves | ||||||||||||||||||||||||
Dans son aire d’origine, l’insecte boucle son cycle en 1 ou 2 ans selon les conditions climatiques. Les adultes sont présents de mai à août et vivent de 2 à 5 semaines. Leur repas de maturation sur le feuillage de bouleau, ou d'autres essences, a un impact négligeable sur les arbres. La ponte a lieu sur le tronc, dans des anfractuosités de l’écorce. L’éclosion est rapide (environ deux semaines) et les larves vont forer l’écorce pour atteindre le phloème où elles vont creuser des galeries transversales zigzagantes caractéristiques, remplies de frass (déjections et sciure) compressé. La longueur totale des galeries dépend des conditions physiologiques des arbres atteints mais peut atteindre plus de 1 m. Les larves passent par 4 stades larvaires. L’hivernation peut se faire à tous les stades larvaires. La nymphose a lieu de mai à juillet dans l’aubier.
- Symptômes et éléments de diagnostic
- Galeries horizontales sinueuses sous l’écorce de troncs ou de branches (à partir de 2,5 cm de diamètre mais en général sur des diamètres plus gros) de 25 à 125 cm de long.
- Trous de sortie en forme de D de 3 à 5 mm de large.
- Larve typique d'agrile (longue larve apode, aplatie dorso-ventralement, légèrement élargie au niveau du thorax, avec deux pointes sclérifiées (urogomphes) à l'extrémité de l'abdomen) de couleur blanche à crème de 8 à 20 mm de longueur au dernier stade.
- Adulte de 7 à 12 mm de long, couleur métallique homogène, sans mouchetures de poils clairs. Le dernier segment abdominal (pygidium) est terminé par une extension, absente chez la plupart des agriles européens.
- Les arbres infestés, outre les trous d'émergence et les galeries visibles après écorçage, présentent généralement des boursouflures sinueuses visibles extérieurement sur le tronc et les branches, causées par la formation d’un cal cicatriciel sur les galeries. Le développement larvaire pouvant ceinturer les branches, cela peut entraîner un dépérissement du houppier parfois précédé par un jaunissement du feuillage. D’autres symptômes incluent la formation de rejets à la base du tronc et des dommages au tronc et aux branches causés par les pics lorsqu’ils creusent pour extraire les larves.
- Dégâts
Dans son aire d'origine, l’agrile américain du bouleau est un bioagresseur secondaire qui ne se développe que sur des bouleaux autochtones préalablement affaiblis par un stress : stress hydrique, défoliation… Les dégâts liés strictement à l’insecte sont donc assez limités. Les galeries larvaires affectent le cambium d’arbres dépérissants et peuvent accélérer leur mortalité.
Des suivis de plantation menés aux Etats-Unis indiquent toutefois que les espèces européennes de bouleau (le bouleau verruqueux, Betula pendula, et le bouleau pubescent, Betula pubescens) seraient beaucoup plus sensibles que les espèces nord-américaines. L'insecte pourrait se comporter en bioagresseur primaire sur ces essences. L’activité larvaire pourrait interrompre les flux de sève et coloniser et tuer des arbres bien portants.
- Confusion possible
Tout agent, maladie ou problème abiotique entrainant des flétrissements de branches et de houppier comme des épisodes de sécheresse. Les bouleaux européens peuvent être colonisés en France par une espèce autochtone d'agrile : l'agrile du bouleau, Agrilus betuleti. Les adultes et larves de cette espèce sont plus petits que ceux de l'agrile américain du bouleau. L'adulte ne possède pas d'expansion en pointe au niveau du pygidium. La détermination taxonomique de ces espèces est toutefois délicate. En cas de suspicion d'attaque d'agriles sur frênes, il est par conséquent souhaitable de récolter des larves ou nymphes pour identification moléculaire, ou des adultes pour identification morphologique par un spécialiste.
Voir aussi
https://storymaps.arcgis.com/stories/90e9d05065cc4c6a853051a8a596be5d
https://www.cabi.org/ISC/abstract/20113166054
https://gd.eppo.int/taxon/AGRLAX
http://www.omafra.gov.on.ca/french/crops/insects/eab-bbb-manage.htm#bouleau
Muilenburg, V. L., & Herms, D. A. (2012). A review of bronze birch borer (Coleoptera: Buprestidae) life history, ecology, and management. Environmental entomology, 41(6), 1372-1385.
Nielsen, D. G., Muilenburg, V. L., & Herms, D. A. (2011). Interspecific variation in resistance of Asian, European, and North American birches (Betula spp.) to bronze birch borer (Coleoptera: Buprestidae). Environmental entomology, 40(3), 648-653.