Agrilus planipennis
Agrile asiatique du frêne
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| Agressivité | |||
| Impact |
Position systématique : Insecte - Coléoptère - Buprestidé
Hôtes habituels : frênes
Localisation sur l'hôte : branches et troncs
Espèce originaire de l'Est asiatique (Chine, Japon, Corée, est de la Russie...).
Elle a été détectée dans le Nord-Est de l'Amérique du Nord en 2002 où elle s'étend progressivement vers l'Ouest et le Sud. Un foyer a aussi été détecté en Russie occidentale (région de Moscou) en 2003, suivi par une deuxième détection en 2020 à Saint Pétersbourg. Actuellement en expansion, le front de colonisation vers l'Europe de l'Ouest inclut désormais l'Ukraine et la Biélorussie.
L'espèce n'est pas présente en France.
C'est un organisme de quarantaine prioritaire dans l'Union Européenne.
- Biologie
| Jan | Fev | Mar | Avr | Mai | Juin | Juil | Aoû | Sep | Oct | Nov | Dec | |||||||||||||
| Oeufs | ||||||||||||||||||||||||
| Larves | ||||||||||||||||||||||||
| Nymphe | ||||||||||||||||||||||||
| Adultes | ||||||||||||||||||||||||
Le cycle biologique se déroule en général sur un an, éventuellement sur deux années, par exemple sous des conditions climatiques froides. Au cours du printemps, les adultes émergent des troncs dans lesquels ils se sont développés. Ils se déplacent vers les houppiers où ils consomment des feuilles afin de réaliser une nutrition de maturation sexuelle. Après accouplement, les femelles pondent entre 60 et 90 œufs individuellement ou par petits paquets dans les anfractuosités de l'écorce. Environ deux semaines plus tard les œufs éclosent et les larves pénètrent sous l'écorce au niveau du phloème et du cambium. Elles creusent alors des galeries sinueuses qui s'élargissent au fur et à mesure de leur croissance. On dénombre 4 stades larvaires et au dernier stade la larve mesure environ 3 à 4 cm de longueur. En fin d'automne, elle s'immobilise en position courbée (forme de U ou de J) dans une logette située dans l'épaisseur de l'écorce ou de l'aubier (dans le cas d'une écorce trop fine) où elle se nymphosera au printemps. Sur les gros arbres, l'infestation commence généralement sur les branches de la partie haute du houppier et descend progressivement au cours des années.
Les femelles ont de bonnes capacités de vol et peuvent aller pondre jusqu'à 2 km de leur lieu d'émergence mais en général 90% des pontes ont lieu dans un rayon de 100 m. Toutefois les insectes sont facilement transportés avec du bois, voire dans des véhicules et peuvent ainsi être transportés sur de grandes distances. En Russie, la progression de l'infestation a été de 13 à 41 km / an.
- Symptômes et éléments de diagnostic
- Galeries horizontales sinueuses sous l’écorce de troncs ou de branches, faisant jusqu'à 50 cm de long.
- Trous de sortie en forme de D de 3 à 4 mm de large.
- Larve typique d'agrile (longue larve apode, aplatie dorso-ventralement, légèrement élargie au niveau du thorax, avec deux pointes sclérifiées (urogomphes) à l'extrémité de l'abdomen) de couleur blanche à crème de 26 à 32 mm de longueur au dernier stade.
- Adulte de 7,5 à 14 mm de long, couleur métallique vert émeraude, sans mouchetures de poils clairs. Le dernier segment abdominal (pygidium) est terminé par une extension, absente chez la plupart des agriles européens.
- Les symptômes précoces d'attaque sont pratiquement inexistants et il est très difficile de détecter un début de colonisation sur frêne. Les symptômes et des signes d’infestation par A. planipennis ne sont facilement détectables qu’après une infestation continue de plusieurs années (3 à 10 ans).
- Lorsque l'infestation est un peu avancée, les arbres présentent en général des mortalités de branches dans le houppier allant jusqu'à la mortalité totale de la partie aérienne en fin d'infestation. Au fur et à mesure que le houppier se dégrade, on observe des rejets épicormiques en dessous de la zone infestée. Les feuilles peuvent devenir plus petites et parfois chlorotiques et chuter difficilement à l’automne. Les pétioles peuvent rester sur l’arbre pendant l’hiver. On peut observer un fendillement de l’écorce des branches et des petites tiges infestées, laissant parfois apercevoir d'anciennes galeries larvaires en dessous. On peut aussi observer un écorçage et des perforations dans l’écorce causés par les pics se nourrissant des larves et des pupes.
- Dégâts
Dans son aire d'origine (Est asiatique) l'espèce est un bioagresseur opportuniste, colonisant uniquement les frênes autochtones (Fraxinus sp.) affaiblis. Dans ses zones d'introduction, l'espèce a un comportement de bioagresseur primaire. En Amérique du Nord en 2002 elle cause actuellement des dommages considérables sur toutes les espèces de frênes américains tant en zone urbaine qu'en forêt. En Russie, l'espèce a surtout colonisé les alignements de frênes américains mais des dégâts importants ont été observés au niveau du foyer de Saint Pétersbourg, dans un peuplement de Fraxinus excelsior. Fraxinus angustifolia (syn. F. oxycarpa, F. oxyphylla) et F. ornus sont aussi considérées comme sensibles.
Le développement des larves endommage le phloème et la partie superficielle de l'aubier, altérant ainsi les flux de sève. Un arbre colonisé va ainsi dépérir progressivement pendant plusieurs années, au fur et à mesure que les attaques progressent du houppier vers le tronc. Un frêne mature peut mourir en 5 à 7 ans. Des arbres plus petits en 1 à 2 ans. Au moment où les symptômes apparaissent et où les signes deviennent visibles, les arbres sont généralement fortement infestés, et il peut exister de nombreux autres arbres infestés sans signes facilement détectables dans les environs.
- Confusion possible
Tout agent, maladie ou problème abiotique entrainant des flétrissements de branches et de houppier comme des épisodes de sécheresse ou la chalarose. Un examen des troncs et branches permettra de distinguer la présence d'insectes sous-corticaux et notamment d'agriles avec les trous d'émergence et éventuellement les galeries caractéristiques s’ils sont visibles. Les frênes européens peuvent être colonisés en France par deux espèces autochtones d'agrile, la plus commune étant l'agrile du frêne, Agrilus convexicollis. Les adultes et larves de cette espèce sont plus petits que ceux de l'agrile asiatique du frêne. Les larves d'agriles asiatiques du frêne sont toutefois plus grandes et présentent des expansions latérales sur la partie postérieure des derniers articles abdominaux, donnant à ces articles une forme en cloche caractéristique par rapport aux agriles européens. L'adulte d'A. convexicollis est plus petit, de couleur bronzée et non vert émeraude et ne possède pas d'expansion en pointe au niveau du pygidium. La détermination taxonomique de ces espèces est toutefois délicate. En cas de suspicion d'attaque d'agriles sur frênes, il est par conséquent souhaitable de récolter des larves ou nymphes pour identification moléculaire, ou des adultes pour identification morphologique par un spécialiste.
Voir aussi
https://storymaps.arcgis.com/stories/207889f511d24daa8bd6c0d7e828b300