Globodera rostochiensis (Wollenweber 1923)
Nématode à kyste de la pomme de terre et nématode doré
- class. : Animalia, Nematoda, Secernentea, Tylenchida, Heteroderidae
- syn. : Heterodera pallida, Heterodera rostochiensis
- dénominations européennes : potato root nematode, golden nematode (GB) ; Kartoffelzystenälchen (D) ; nematodo de la patata (E) ; nematode dorato della patata (I) ; nemátodo dourado da batateira (P)
Des recherches sont menées à l'INRAE de Rennes, sur ce nématode.
Caractéristiques des ravageurs et de leurs dégâts
- Description du ravageur :
Longtemps considéré comme une seule espèce, Globodera (anc. Heterodera) rostochiensis parasite grave de la pomme de terre, est en fait constitué de 2 espèces distinctes : G. rostochiensis (nématode doré) et G. pallida (nématode à kyste).
Chez Globodera, le mâle et les larves des 2 sexes sont mobiles, filiformes et mesurent moins de 1 mm de long. La femelle, après fécondation, se transforme en une poche sphérique de 0,1 à 0,8 mm de diamètre, résistante, brun doré chez G. rostochiensis et remplie d'oeufs, le kyste, qui fait saillie à la surface des jeunes racines (figures 1 à 3).
Le kyste contient 200 à 1 000 oeufs. A la fin du cycle reproducteur, la femelle meurt et le kyste devient brun et sphérique. Ces kystes sont sans bulles.
Le second stade juvénile émerge du kyste et pénètre dans les racines de l'hôte et forme un syncytium, site spécialisé dans la stèle pour se nourrir.
Globodera pallida diffère de G. rostochiensis par l'absence de la phase dorée chez la femelle. On observe des stries pâles et en petit nombre sur la cuticule (8-20 à 16-31) dans le périnée.
- Les dégâts sur les cultures:
Sous l'influence des sécrétions du nématode, les tissus du végétal sont modifiés, la circulation de la sève est entravée et les racines brunissent, se ramifient et prennent un aspect buissonnant.
La croissance de la pomme de terre est ralentie, les feuilles inférieures se fanent et meurent ; les feuilles supérieures se décolorent et présentent des taches brunes en bordure des folioles.
La plante reste chétive et peu productive. Dans les champs, les attaques se manifestent sous forme d'îlots (figure 4). Les pertes de récoltes peuvent être de 20 à 70%.
Ces nématodes sont dispersés avec les particules de sol ou les débris végétaux contaminés par les kystes ou des tubercules restant dans le sol.
Compte tenu des dégâts, ces deux ravageurs sont considérés comme des parasites de quarantaine dans certains pays comme les Etats-Unis.
Biologie des ravageurs
- Les plantes hôtes :
La pomme de terre (Solanum tuberosum) est l'hôte principal de ces deux nématodes (figure 1).
D'autres plantes peuvent toutefois être affectées comme de nombreuses espèces de Solanum spp. comme l'aubergine ou encore la tomate, quelques plantes spontanées appartenant à la famille des solanacées, telles que la morelle douce-amère (Solanum dulcamara) et la jusquiame (Hyoscyamus niger) ainsi que Datura stramonium.
Certaines autres espèces ont été décrites comme susceptibles d'héberger ces nématodes comme Oxalis tuberosa ou Salpiglossis spp.
- Cycle de développement :
Chez ces nématodes, il y une seule génération par an. Les oeufs éclosent de façon échelonnée dès que la température atteint 12°C. Les premiers kystes apparaissent en petit nombre en juin puis en très grand nombre en juillet et août ; leur formation s'arrête en octobre. Le kyste peut persister pendant plus de 10 ans dans le sol.
Ceux-ci ne se vident généralement pas en 1 seule saison : la sortie des larves s'échelonne sur plusieurs années. En l'absence de la plante hôte, la population ne décroît que de 30% par an et, en cas de forte infestation, celle-ci peut mettre 20 à 30 ans pour disparaître.
L'éclosion des oeufs, favorisée par l'humidité et par une substance sécrétée par les racines de la plante-hôte, n'est jamais totale et une partie d'entre eux peut rester à l'état de vie latente pendant de nombreuses années. La jeune larve perfore la cuticule des radicelles de la plante-hôte (figure 2), pénètre dans les tissus et progresse entre les cellules, provoquant la formation de cellules géantes qui entravent la circulation de la sève.
Au bout de quelque temps, les mâles sortent des racines tandis que les femelles se rapprochent de la surface, font éclater l'épiderme et restent fixées à l'hôte par la tête. Mâles et femelles s'accouplent ensuite ; les oeufs se développent et provoquent le gonflement du corps des femelles, qui se transforment en kystes et meurent. Ces kystes se détachent alors et restent dans le sol. Le cycle complet dure de 50 à 70 jours.