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Méthodes de protection


Comme de nombreuses bactérioses des végétaux, la brûlure bactérienne est très difficile à contrôler. Sa maîtrise passera par la mise en place de façon harmonieuse de toutes les mesures préconisées par la suite.

  • En cours de culture

 

Lorsque les premières taches de Pseudomonas syringae pv. aptata sont constatées dans une parcelle de melon, il est malheureusement trop tard pour intervenir efficacement : on ne dispose pas de mesures très performantes pour empêcher l'évolution de cette bactériose.

Nous sommes toujours relativement démunis pour contrôler les bactérioses à l'aide d'agents chimiques. Le cuivre* sous la forme de sels peut être employé pour limiter son extension : cuivre, cuivre du sulfate (e-phy). Il n'a qu'un effet préventif à la surface des organes aériens. Dans le cas du melon, il y a lieu d'employer le cuivre avec précaution, car c'est un produit qui peut être phytotoxique dans certaines conditions : quand les concentrations employées sont élevées, lorsque les températures durant les traitements sont trop basses ou élevées. Il faut être particulièrement vigilant lors de son utilisation sur jeunes plants.

En plus des traitements cupriques, on peut aussi préconiser de réduire les irrigations par aspersion à leur strict minimum et de les réaliser en cours de journée, à un moment ou les plantes ressuieront rapidement.

De plus, il convient de ne travailler et circuler dans les cultures que lorsque la végétation est sèche. Une bonne ventilation des cultures permettra de réduire la durée d'humectation du feuillage et donc de prévenir les infections et d'abaisser l'impact de la maladie.

En cours de récolte et en fin de culture, on évitera de laisser des débris végétaux sur le sol ou de les enfouir. Si vous ne pouvez pas faire autrement, l'enfouissement sera profond afin d'activer leur décomposition.
Lorsqu'on constate les tout premiers symptômes, surtout s'ils surviennent en pépinière, il est fortement conseillé d'éliminer et de détruire au plus vite les plants ou plantes affectés.

 

  • Culture suivante

En pépinière


Il sera essentiel d'utiliser des graines de qualité sanitaire irréprochable, même si cette bactérie n'a jamais pu être isolée des semences de melon.

Les pépinières seront aérées au maximum afin de diminuer l'hygrométrie ambiante et d'empêcher la présence d'eau libre sur les plantes. Celles qui manifesteront des symptômes de la maladie devront être sorties des cultures et détruites.

Les outils seront désinfectés, et les ouvriers se laveront les mains avant et après avoir manipulé des plants. 

Des traitements* à base de cuivre pourront être réalisés préventivement afin d'assurer la production de plants les plus sains possible. 

Au champ


Des rotations de 2 à 3 années avec des plantes non hôtes  notamment des céréales,  seront préférables. 

On évitera de planter trop tôt dans l'année, afin de ne pas exposer les plantes à des températures trop basses et humides. La proximité de cultures de betterave, d'oignon, et de melon surtout si elles sont déjà infectées, sera à bannir.

La fertilisation devra être équilibrée, en aucun cas trop faible ou excessive. On mettra en oeuvre des fumures équilibrées. Les excès d'azote devront être évités car ils conduisent à l'obtention de plantes exubérantes, aux tissus succulents, plus sensibles à cette bactérie et aux autres agents pathogènes.

On préfèrera les irrigations à la raie ou localisées à celles par aspersion.

L'application de produits à base de cuivre permettra de retarder le développement et l'extension de cette bactériose (e-phy). Les traitements seront réalisés préventivement à une cadence de 7 jours. Il sera préférable de traiter les plantes lorsqu'elles seront sèches et juste avant que des pluies soient prévues. Rappelez-vous qu'une fois déclarée, cette bactériose est difficilement enrayée. 

Toutes les variétés de melon cultivées actuellement sont plus ou moins sensibles à cette bactériose.


Lutte chimique : Le nombre de pesticides disponibles pour un usage donné évoluant en permanence, nous vous conseillons de toujours confirmer votre choix en consultant le site e-phy du ministère de l'agriculture et de la pêche qui est un catalogue en ligne des produits phytopharmaceutiques et de leurs usages, des matières fertilisantes et des supports de culture homologués en France. Cette remarque est également valable pour tous les produits biologiques à base de micro-organismes ou de substances naturelles.

Dernière modification : 29/07/2020
  • Auteurs :
  • D Blancard (INRAe)
  • C Morris (INRA)