Bursaphelenchus xylophilus
Le nématode du pin
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Position systématique : Nematoda - Aphelenchoididae
Hôtes habituels : Pins
Hôtes potentiels : épicéa, mélèze, cèdre, sapin, douglas, Tsuga
Localisation sur l'hôte : Branches, troncs
- Biologie
Le nématode du pin se transmet d'un arbre contaminé à un arbre sain grâce à un insecte vecteur, un coléoptère longicorne du genre Monochamus.
L’insecte Monochamus creuse des encoches dans l’écorce de branches ou troncs d’arbres dépérissants ou récemment morts pour y pondre ses œufs. Après éclosion, les larves s’alimentent et creusent des galeries sous l’écorce dans le liber et le cambium durant l’été et l’automne. Elles s’enfoncent ensuite plus profondément dans le bois pour établir une chambre nymphale et passer l’hiver. Si les nématodes sont présents dans le bois, ils se rassemblent dans la loge nymphale. Juste avant l’émergence de l’insecte adulte, les nématodes s’installent sous les élytres puis migrent dans les trachées de l’insecte. Après avoir foré un trou de sortie de forme circulaire, l’insecte immature porteur de nématodes s’envole au printemps. Ils effectuent alors une première nutrition de maturation en consommant l'écorce de jeunes pousses rameaux de pins, principalement dans les cimes d’arbres vivants. C’est pendant cette phase, dite de maturation sexuelle, que les insectes porteurs de nématodes infectent des arbres sains. Après l'accouplement, les femelles sont attirées par les arbres affaiblis, dont ceux atteints par les nématodes, mais aussi par les rémanents et les troncs récemment abattus sur lesquels elles pondent. La fécondité chez cette espèce est élevée, puisqu’une femelle peut déposer jusqu’à 140 œufs tout au long de sa vie adulte. Une génération par an est habituelle mais le développement peut prendre deux ans lorsque le climat n’est pas favorable.
Le vol de l'insecte (avril à octobre) correspond donc à la phase de dispersion et d'inoculation du nématode. Comme les adultes de Monochamus vivent plusieurs semaines, ils sont capables d'effectuer des vols de plusieurs centaines de mètres voire plusieurs kilomètres, en réalisant probablement des repas fréquents sur plusieurs arbres. Ces repas sont autant de portes d'entrée dans l'arbre pour le nématode qui quitte les trachées de l’insecte pour pénétrer dans l'aubier. Comme l’insecte se nourrit de l'écorce des pousses de 1 à 3 ans, les nématodes se développent tout d’abord au niveau des houppiers avant de migrer vers le tronc via les vaisseaux du bois.
La charge des Monochamus en nématodes est très variable mais beaucoup en portent plusieurs milliers. Dans les branches d'un pin sensible, les nématodes peuvent se reproduire extrêmement rapidement. La durée du cycle biologique du nématode, entre l'accouplement et la formation d'un nématode adulte est de 4 à 6 jours lorsque la température est entre 20 à 25°C et de 12 jours à 15°C. La prolifération de nématodes dans le bois est donc forte lorsque la température extérieure est élevée. Dans ce cas, les nématodes peuvent coloniser en masse (plusieurs millions d’individus) et en quelques semaines les vaisseaux du bois d'une grande partie du houppier et du tronc. Cette colonisation entraine des cavitations multiples, des embolies empêchant la sève de circuler puis un flétrissement voire la mort de l'arbre, 30 à 50 jours après inoculation. Les arbres infectés et affaiblis ou récemment morts sont dès lors susceptibles d'être attaqués par des insectes sous-corticaux (scolytes) et sont sujets à de nouvelles pontes de Monochamus.
- Symptômes et éléments de diagnostic
La multiplication des nématodes dans l’arbre provoque progressivement la rupture du transport de l'eau dans le xylème ce qui se traduit par un jaunissement, un rougissement des aiguilles puis un flétrissement généralisé du houpier. Dans des conditions optimales (hôte sensible, température de l'air élevée), l’arbre meurt en quelques semaines, tout en étant attaqué par les insectes sous-corticaux qui profitent de l'affaiblissement de l'arbre.
Lors de la ponte, les Monochamus creusent des encoches transversales dans l’écorce. En retirant l’écorce, on peut observer les larves qui creusent leurs galeries de nutrition dans l’aubier. Des orifices arrondis avec ou sans écorce marquent la sortie des insectes.
- Dégâts
Le nématode du pin peut conduire à l’apparition de symptômes sévères, allant jusqu’au flétrissement généralisé des arbres puis leur mort.
Il se développe principalement dans le bois de diverses espèces de pins (pin maritime, pin noir, pin sylvestre, pin radiata) mais d’autres conifères sont reconnus comme hôtes : sapin, cèdre, mélèze, épicéa, douglas et tsuga.
De ce fait, l’établissement de ce bioagresseur pourrait avoir des conséquences économiques, environnementales et sociétales importantes. Il est catégorisé comme Organisme de quarantaine prioritaire dans l'UE.
Introduit accidentellement au Japon (début du XXème siècle) puis en Chine, Corée et Taïwan dans les années 1980, il provoque des mortalités très importantes chez la plupart des espèces asiatiques de pins. Découvert au Portugal en 1999, il cause la mortalité de nombreux pins maritimes dans l'ensemble du pays. Quelques foyers de maladie sont présents en Espagne depuis 2008 à la frontière avec le Portugal, et notamment en Galice.
En France, le nématode a été détecté en novembre 2025 sur pin maritime dans le sud du département des Landes constituant le premier foyer dans le pays. Conformément à la réglementation européenne, une zone infestée de 500 m autour du foyer et une zone tampon de 20 km autour de la zone infestée ont été définies. L'objectif est d'appliquer dans ces deux zones des mesures phytosanitaires drastiques pour éradiquer le nématode et éviter sa propagation.
- Pour en savoir plus
Fiche de reconnaissance du nématode du pin
Lutte contre le nématode du pin en France : FAQ
Le nématode du pin, ravageur des résineux
Bulletin sanitaire de la plateforme ESV sur le nématode du pin



