Meloidogyne spp. Goldi 1877
Nématodes à galle des racines

- class. : Animalia, Nematoda, Secernentea, Tylenchida, Heteroderidae, Meloidogyninae
- syn. :
- dénominations européennes : root knot nematode (GB), Wurzelgallenälchen (D), nematodo de las raices (E), nematodi galligeni delle radici (I), nemátodo das galhas (P)

Les 4 espèces de Meloidogyne les plus répandues sont M. arenaria, M. incognita, M. javanica et M. hapla, cette dernière étant adaptée à des climats plus froids. On peut aussi trouver M. naasi.


Caractéristiques du ravageur et de ses dégâts


Description du ravageur :

Le second stade juvénile qui va contaminer les racines passe d'un stade vermiforme à une forme enflée en forme de saucisse après l'infection. La femelle, après une période de croissance rapide, prend une forme globuleuse en poire typique, incluse dans les tissus de l'hôte et mesure environ 0,5 mm de diamètre (figures 1 et 2). Le mâle adulte est filiforme.

La masse des oeufs qui perce à travers le cortex, devient alors visible à la surface de la racine.

Les dégâts sur les cultures :

Les Meloidogyne sont appelés nématodes à galles à cause de la formation caractéristique de celles-ci sur les racines de l'hôte au point d'infection. Ces galles sont dues à une prolifération des cellules du cortex de l'hôte autour du point d'infection puis une hypertrophie de celles-ci.

En cas d'attaque très grave et sur certaines plantes sensibles (concombre), les galles peuvent devenir très volumineuses et envahir tout le système racinaire qui est alors réduit à un moignon boursouflé sans aucun chevelu (figure 3). Les tubercules (carotte, pomme de terre) deviennent fourchus ou verruqueux (figure 4). La partie aérienne peut présenter une croissance réduite accompagnée d'un jaunissement des feuilles (figure 5). Les plantes infestées sont très sensibles à la sécheresse.

Par ailleurs, la présence de Meloidogyne spp. favorise ou aggrave les attaques de champignons tels que Fusarium ou Verticillium albo-atrum qui, à partir du sol, peuvent envahir les vaisseaux conducteurs de toute la plante.

Biologie du ravageur


Les plantes hôtes :

Selon les différentes espèces, celles-ci ont une gamme d'hôte plus ou moins spécifique ou plus ou moins large. Si M. naasi a une gamme d'hôtes plus étroite et attaque en particulier les céréales, les autres espèces de Meloidopgyne peuvent s'attaquer à toutes les plantes cultivées et sont donc très polyphages mais sont aussi des ravageurs dangereux. 

Les cultures les plus sensibles sont les solanacées (tomate, aubergine, pomme de terre), les cucurbitacées (melon, concombre), les légumineuses (haricot), la carotte, la scorsonère, la laitue, l'endive, l'artichaut, la bette, le céleri, etc. (figures 1 et 2).

Cycle de développement 

La durée du cycle dépend de la température ; lorsqu'elle est maintenue basse, ce qui est le cas des cultures de laitue sous serre, en hiver, l'infestation se développe lentement. Dès que la température s'élève, le cycle s'accélère : il est de 3 semaines à 28°C.

Plusieurs générations peuvent se succéder dans des conditions favorables et l'infestation atteint alors des niveaux considérables. Par ailleurs, tous les oeufs n'éclosent pas en même temps, certains n'éclosent que plusieurs mois après la ponte et résistent au froid et à la sécheresse. Le sol conserve donc son potentiel infectieux pendant l'hiver ou pendant une mise en repos du sol.

A sa sortie de l'oeuf, la larve se déplace dans le film d'eau qui recouvre les particules de terre et se dirige vers les jeunes racines (figure 3). Elle perfore la paroi des cellules à l'aide de son stylet, pénètre dans la racine, se dirige vers les vaisseaux conducteurs et induit la formation de cellules géantes nécessaires à sa croissance.
 
Il en résulte l'apparition d'une galle caractéristique qui l'enveloppe bientôt complètement et obstrue les vaisseaux conducteurs de sève.

Après plusieurs mues, la larve se transforme en mâle ou en femelle. Le mâle est libéré à l'extérieur de la racine (figure 4). La femelle, immobile, reste dans les tissus et pond 1 000 à 2 000 oeufs englobés dans une gangue gélatineuse qui les maintient rassemblés. Ces masses d'oeufs font saillies à la surface des jeunes racines.

 

Dernière modification : 12/02/2026
  • Auteur :
  • S Chamont (INRAe)
Meloidogyne-2
Figure 1
Meloidogyne_femelle
Figure 2
Meloidogyne_femelle2
Figure 3
Meloidogyne_concombre
Figure 4
meloidogyne_carotte
Figure 5
meloidogyne_celeri1
Figure 6
meloidogyne_celeri2
Figure 7
meloidogyne_aubergine
Figure 8
Meloidogyne-3
Figure 9
Meloidogyne_male
Figure 10