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Thrips


Les thrips (thrips), qui appartiennent à l'ordre des Thysanoptères et à la famille des Thripidae, sont mondialement répartis, présents des régions tropicales aux régions polaires en fonction des espèces. Plusieurs d'entre elles s'attaquent aux cultures légumières, en particulier le thrips du tabac (Thrips tabaci Lindeman) et le thrips californien (Frankliniella occidentalis Pergande.
 
Le premier sévit depuis de nombreuses années en Europe et donc en France. Il a été progressivement supplanté par le second qui a causé des dégâts importants sur de nombreuses productions, en particulier sous serres, depuis le début des années 1980 (tomate, concombre, poivron, aubergine, chrysanthème, rosier).
 
Ces deux thrips peuvent s'attaquer au melon. Signalons qu'ils sont vecteurs de plusieurs redoutables virus, en particulier le Tomato spotted wilt virus qui sévit sur tomate et diverses autres plantes. D'autres espèces de thrips s'attaquent au melon, Thrips palmi Karny, Heliothrips haemorrhoidalis(Bouché), Frankliniella spp., etc.
 
  • Nature des dégâts
Des lésions argentées, voire des plages de taille et de forme irrégulières apparaissent sur le limbe (figure 1) ; elles se nécrosent progressivement et prennent une teinte beigeâtre. Ces lésions sont aussi parsemées de minuscules points noirs matérialisant les déjections des thrips. Les folioles affectées ont tendance à se chloroser et prennent une teinte terne.

Des lésions blanchâtres peuvent apparaitre sur les fleurs (figure 2).

Les fruits affectés jeunes montrent par la suite des lésions argentées et  subérisées plus ou moins étendues (figure 3). 
 
  • Biologie
Le cycle de développement des thrips comprend 6 stades (figure 4) : oeuf, deux stades larvaires, deux stades pronymphes et adulte (figure 6). La durée du cycle varie en fonction de la température et de la plante hôte ; à titre d'exemple, pour F. occidentaliselle fluctue de 34 jours à 15°C à 13 jours à 30°C.

Formes de conservation et/ou hôtes alternatifs : ce sont les larves et les adultes, réfugiés dans des endroits aux températures clémentes, qui assurent la pérennisation de ces insectes. Pour cela, ils s'installent dans les débris végétaux, les charpentes des abris ; ils s'enterrent parfois jusqu'à 8 centimètres de profondeur. Ils peuvent aussi hiberner sur des cultures de plein champ, notamment sur divers Allium.

Stades de développement : les oeufs réniformes (figure 6-1) sont déposés sur les organes aériens, surtout les feuilles sur tomate. Une fois formées, les larves (figure 6-2 et 3) (figure 5), qui sont très mobiles, vont se nourrir à la face inférieure des feuilles. À la fin du deuxième stade larvaire(figure 6-3), elles se laissent tomber au sol et se nymphosent.
 
Le premier stade pronymphe (figure 6-4) est caractérisé par l'apparition des ébauches d'ailes. Le deuxième stade pronymphe (figure 6-5), plus clair, montre aussi des ébauches d'ailes plus conséquentes et des antennes longues et courbées vers l'arrière du corps. Les adultes (figure 6-6) (figure 6) disposent de 2 paires d'ailes bien développées.

T. tabaci et F. occidentalis (figure 6) sont morphologiquement assez comparables. Seule une observation des adultes à l'aide d'un microscope permet de les différencier. Leur reproduction peut être différente en fonction des espèces. Elle est asexuée chez T. tabaci, des femelles non fécondées ne donnant naissance qu'à des femelles (parthénogénèse).
 
Chez F. occidentalis, elle peut être sexuée ou asexuée, les femelles non fécondées ne donnant naissance qu'à des mâles alors que celles qui le sont donnent naissance à des femelles.

Les thrips se nourrissent en suçant le contenu des cellules de l'épiderme. Les tissus lésés se nécrosent rapidement.

Dispersion dans la culture : les thrips se disséminent assez facilement dans les cultures, passivement entraînés par les courants d'air et/ou activement en volant. Les ouvriers peuvent y contribuer lors des opérations culturales. Ces insectes peuvent être dispersés par des plants ou des plantes d'autres espèces parasitées.

Conditions favorables de développement : la nature de la plante, la température, l'hygrométrie dans la culture, influencent notamment le développement des thrips.
 
  • Méthodes de protection
Plusieurs méthodes de protection sont préconisées pour contrôler le développement des thrips sur melon en France :
traiter les plantes avant arrachage en présence de populations élevées de ravageurs (e-phy thripsFrankliniella occidentalis)* ;
- enlever et détruire les débris végétaux et les résidus de culture ;
désinfecter le substrat réutilisé ou le sol ;
préchauffer la serre avant mise en place des plants et réaliser un traitement insecticide ou acaricide (lien e-phy)* ;
- contrôler la qualité sanitaire des plants avant et durant leur introduction dans l'abri ;
- produire les plants dans un abri insect-proof ;
- installer des toiles insect-proof aux ouvertures des abris ;
désherber la serre et ses abords ;
- détecter les premiers ravageurs grâce aux panneaux bleus englués posés au-dessus de la culture ;
- utiliser l'auxiliaire Macrolophus caliginosus, un insecte à efficacité secondaire ;
- raisonner la protection chimique (r) (e-phy thrips, Frankliniella occidentalis)*, en particulier si vous utilisez des auxiliaires.

(r) : des résistances aux insecticides ou acaricides sont connues chez ces ravageurs.
 
Lutte chimique : Le nombre de pesticides disponibles pour un usage donné évoluant en permanence, nous vous conseillons de toujours confirmer votre choix en consultant le site e-phy du ministère de l'agriculture et de la pêche qui est un catalogue en ligne des produits phytopharmaceutiques et de leurs usages, des matières fertilisantes et des supports de culture homologués en France. Cette remarque est également valable pour tous les produits biologiques à base de micro-organismes ou de substances naturelles.
Dernière modification : 04/12/2023
  • Auteur :
  • D Blancard (INRAe)
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Figure 1
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Figure 2
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Figure 3
Thrips_koppert_2
Figure 4
Thrips_koppert_1
Figure 5
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Figure 6